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ANALYSE :"Birmanie: l'ONU avance sur des oeufs“

1 Décembre 2010

La Dame de Rangoon s'est entretenu, il y a quelques jours, avec Vijay Nambiar, l'émissaire spécial de l'ONU. Une rencontre très positive, aux dires d'Aung San Suu Kyi mais qui doit être suivie de nombreuses autres pour parvenir à des avancées concrêtes



ANALYSE :"Birmanie: l'ONU avance sur des oeufs“
15 jours après la libération d'Aung San Suu Kyi, l'ONU a envoyé auprès d'elle Vijay Nambiar, l'émissaire spécial du secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon.
Un évènement qui était attendu depuis l'échange téléphonique de Ban Ki-moon avec Aung San Suu Kyi, le 18 novembre, au cours duquel ce dernier lui avait exprimé sa joie et son admiration tout en saluant “son esprit de réconciliation en faveur d'un dialogue et d'un compromis“.
L'entretien entre Aung San Suu Kyi et Vijay Nambiar a duré près deux heures et sans que, ni l'un ni l'autre n' ait souhaité entré dans le détail de leur discussion face à la presse, la Dame de Rangoon s' est néanmoins dit très satisfaite. “Ce fut une rencontre enrichissante pour tous". Avant d'ajouter, avec le sourire qu'on lui connait: “mais elle doit être suivie de nombreuses autres si nous voulons avancer vraiment”.

Pas de rencontre avec le général Than Shwe

Durant son séjour, l'envoyé spécial a également rencontré plusieurs diplomates et quelques-uns des élus du nouveau Parlement issu des élections du 7 novembre . Elections, rappelons-le, dont Aung San Suu Kyi et son parti ont été scandaleusement exclus par la junte militaire, et auxquelles de très nombreux pays, dont la France, ont refusé toute crédibilité.
Vijay Nambiar a également rencontré le ministre des affaires étrangères birmanes mais il n'a pas été autorisé, ou il n'a pas souhaité, se rendre à Naypyidaw, où siège le général Than Shwe et son gouvernement.

Appel du pied

Le “généralissime”, qui dirige le pays d'une main de fer est-il toujours intimement persuadé, à 77 ans, d'être le sauveur et l'avenir de la Birmanie? Et le premier cercle des militaires qui l'entourent continue-t-il à le penser?
En 20 ans, le général Than Shwe a fait de la Birmanie, pays pourtant riche en ressources naturelles et au potentiel touristique très fort, l' une des nations les plus pauvres d'Asie. L'économie du Myanmar est exangue et le vieil autocrate birman cherche désespérément de l'argent pour redresser sa nation.
Le 25 octobre dernier, à Rangoon, à l'occasion de la 65ème Journée des Nations-Unies, le dictateur faisait un appel du pied à l'ONU en déclarant: "le Myanmar a une totale confiance dans le rôle important joué par l'ONU (...) pour le développement économique et le niveau de vie de la population mondiale”.
Et de demander régulièrement, comme le 28 septembre 2009 à la tribune de l'Assemblée Générale des Nations Unies à New York, par la voix de son premier ministre le général Threin Sein, la "levée des sanctions occidentales” qui frappent son pays.

Les grands frères

Pour le moment il n'est guère entendu et l'Occident - Ban Ki-moon en tête - réclame, avant tout prémice de discussion sur la situation économique du pays, une grande avancée en direction de la démocratie.
“il est nécessaire de libérer tous les prisonniers politiques emprisonnés afin que tous les citoyens birmans soient libres de continuer à faire progresser la réconciliation nationale et le développement économique du Manyar” a rappelé Ban Ki-moon le 18 novembre dernier.

Quant à la France, par la voix de Nicolas Sarkozy, elle a prévenu qu'elle n'agirait plus, d'une façon ou d'une autre, qu'en accord avec les choix et décisions d'Aung San Suu Kyi.

On le comprend, l'émissaire spécial de l'ONU en Birmanie, qui a été nommé à ce poste en janvier, a du pain sur la planche et sa difficile mission, qui consiste à faire avancer de concert la démocratisation et le renouveau économique du pays, ne fait que commencer. De nationalité indienne et ancien ambassadeur en Chine, Vijay Nambiar n'a sûrement pas été choisi au hasard pour ce poste, car il est un fin connaisseur de l'Inde et de la Chine, les deux “grands frères” naturels de la Birmanie. Grands frères qui pèsent très lourd dans le destin du Myanmar et qu'on aimerait voir se lasser d'un dictateur borné et très peu doué pour le développement de son pays, à un moment où l'Asie ne jure que par son expansion économique internationale.


Pierre MARTIAL Ecrivain-journaliste
Président du Collectif France Aung San Suu Kyi



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