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Le rapport accablant sur les 2028 prisonniers politiques birmans

7 Mars 2011

Les auteurs de ce rapport sont des jeunes, des syndicalistes et des moines birmans. Ils ont risqué leur liberté, et parfois leur vie, pour enquêter et publier clandestinement ce dossier noir des prisons birmanes. Ils nous appellent à l'aide.



 Le rapport accablant sur les 2028 prisonniers politiques birmans
Patiemment, discrètement et courageusement, jour après jour, mois après mois, les membres de 12 associations birmanes, réunissant des jeunes, des moines et des syndicalistes, ont préparé clandestinement ce rapport. Pour celà, ils ont enquêté auprès des familles de détenus, ils ont multiplié les recherches, ils ont recueilli des témoignages pour enfin "publier” ce rapport d'une vingtaine de pages. Traduit du birman à l'anglais par l'AAPP, l'Association d'Assistance aux Prisonniers Politiques birmans, ce document vient d'être rendu public par le Collectif France Aung San Suu Kyi.

Oui, Aung San Suu Kyi a bien été libéré le 13 novembre dernier et l'ensemble des démocrates birmans et tous ceux qui les soutiennent de par le monde en ont été immensément heureux.
Mais, comme Aung San Suu Kyi l'a dit elle-même à la presse internationale, quelques heures à peine après sa libération: “Je ne peux pas me sentir libre, tant que d'autres sont encore détenus pour leurs seules opinions démocratiques“.

Des détenus maltraités, isolés, mal nourris et privés de soins médicaux

 Le rapport accablant sur les 2028 prisonniers politiques birmans
Selon les chiffres du rapport, les prisonniers d'opinion seraient actuellement au nombre de 2028 dont 175 femmes. On compterait parmi eux, 256 moines, 264 étudiants et 372 membres de la Ligue Nationale pour la démocratie, le Parti d'Aung San Suu Kyi.

129 seraient en très mauvaise santé et non soignés. Et 142 détenus politiques seraient morts, l'an dernier, dans les prisons birmanes, victimes de malnutrition, de mauvais traitements ou faute de soins.

Les peines auxquelles nombre d'entre eux ont été condamnés sont hallucinantes: Gen Hso Ten, leader du parti ethnique Shan a écoppé de 103 ans de détention, Bo Min Yu Ko, militant de l'ABFSU, représentant les syndicats étudiants de Birmanie, 104 ans! On se souvient également du cas de Zarganar, le Coluche birman, condamné en 2008 à 35 ans de prison!

Les détenus sont systématiquement transférés vers des prisons très isolées où leurs familles ne peuvent venir leur rendre visite.

Quant à leur alimentation, elle se résume le plus souvent à un riz de qualité très médiocre, d'un morceau de viande bouillie une fois par semaine et d'une soupe de haricots particulièrement liquide.

Ne parlons pas de santé! Le plus souvent, il n'y a pas de médecin. Sur un total de 200.000 prisonniers (politiques et droits communs confondus), on compte un médecin pour 8000 prisonniers, selon Tate Naing, le secrétaire de l'Association d'Assistance aux Prisonniers birmans.

”La réconciliation nationale passe par la libération des prisonniers d'opinion”

 Le rapport accablant sur les 2028 prisonniers politiques birmans
“il est temps que le gouvernement suive la loi et respecte les droits de l'homme, écrivent les auteurs du rapport, sans quoi il ne pourra y avoir ni réconciliation nationale, ni levée des sanctions internationales contre la Birmanie.“

Et de lancer trois SOS.

Le premier à la Croix Rouge Internationale afin qu'elle fasse tout son possible pour obtenir un accès aux prisons, ce qu'elle a dans presque dans tous les pays.

Le second à Aung San Suu Kyi et à la LND auxquels ils adressent tous leurs remerciements pour leur action permanente tout en leur demandant de développer au maximum leur aide morale et matérielle.

Et le troisième à toutes celles et tous ceux ceux qui soutiennent les démocrates birmans dans le monde entier afin qu'ils intensifient leurs actions de pression et qu'ils soient le plus efficacement “persuasifs” envers la communauté internationale.

Ce dernier SOS, nous l'avons reçu cinq sur cinq. Avec notre coeur. Et nous continuerons à faire tout ce qui est en notre pouvoir, inlassablement, pour ouvrir la porte des prisons birmanes aux 2028 femmes et hommes qui y sont aujourd'hui enfermés pour un seul crime: celui d'avoir voulu penser.

Pierre MARTIAL - Président du Collectif France Aung San Suu Kyi



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